Qu’est ce que la pollution lumineuse ?
Il y a pollution lumineuse lorsque les éclairages artificiels (lampadaires, enseignes publicitaires, vitrines de magasins…) sont si nombreux qu’ils nuisent à l’obscurité normale et souhaitable de la nuit.
Quels sont les impacts de la pollution lumineuse ?
L’alternance du jour et de la nuit règle la vie humaine, animale et végétale depuis la nuit des temps. On parle de rythme circadien (cycle biochimique de 24 h).
Les espèces nocturnes qui en dépendent comme l’homme, 95% des papillons, 90% des amphibiens, 20% des oiseaux, 50% des mammifères dont les chauves-souris, voient ce rythme perturbé par la lumière artificielle.
La lumière artificielle modifie les interactions entre espèces, leur comportement (déplacement, prédation, pollinisation, recherche de nourriture) ainsi que leur cycle biologique.
Les oiseaux migrateurs, qui utilisent les étoiles pour se guider, voient leur sens de l’orientation perturbé par l’éclairage du littoral et des grandes agglomérations. À cause des lumières artificielles les chauves-souris sortent plus tard de leur gîte, voyant leur temps de recherche de nourriture diminué ; les femelles nourrissent donc moins leurs petits ce qui occasionne un retard de croissance et une augmentation du taux de mortalité. Les chauves-souris sont pourtant essentielles pour limiter les insectes, comme les moustiques et les ravageurs des cultures.
La germination, la croissance, la floraison, le développement des fruits et la sénescence des plantes sont également impactés par la lumière artificielle. Ainsi les plantes bourgeonnent plus tôt et sont donc plus exposées au gel.
Le saviez-vous ?
- Avec 9 millions de points lumineux en France, ce sont plus d’un milliard d’insectes qui sont tués par nuit en France.
- Avec la pollution lumineuse, en moins de 50 ans, une grande partie de la population française s’est privée de la beauté de la voie lactée ; elle n’est plus visible par environ un tiers de la population nationale, tout comme 90% des étoiles… L’ONU envisage de considérer le ciel étoilé comme «patrimoine commun de l’humanité».
Quels bénéfices en terme d’énergie et de climat ?
Éteindre c’est économiser : l’éclairage public représente en moyenne 42% de la facture électrique des communes.
Éteindre c’est lutter contre le réchauffement climatique : l’électricité destinée à l’éclairage représente 5% des émissions de gaz à effet de serre.
Quels types de « lumières » faut-il privilégier pour la santé et la biodiversité ?
Tout d’abord, il faut savoir que la lumière du jour est composée de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Ainsi, le soleil émet naturellement de la lumière bleue mais en faible quantité comparativement à nos lumières artificielles comme les LED blanches ou les lumières de nos écrans de télévision ou de téléphone. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a pointé du doigt ces lumières bleues car elles endommagent notre rétine, perturbent notre rythme biologique, ainsi que les espèces animales et végétales. Ainsi, chez vous il est préférable d’utiliser des éclairages ayant une couleur plus chaude (jaune, orange, ambrée…).
Repérez sur l’emballage de vos ampoules et achetez celles ayant des caractéristiques des ampoules LED proches de 2200 Kelvin (le degré Kelvin (K) est l’unité correspondant à la température de couleur de l’ampoule).
Que faire pour limiter les nuisances lumineuses ?
Les commerçants, alliés anti-pollution lumineuse !
La pollution lumineuse est aussi lié aux éclairage excessifs des magasins et enseignes lumineuses. 30% de cette pollution est d’origine privée. Mais heureusement, il est possible d’agir vite et efficacement !
Un commerçant éclairé est un commerçant qui éteint !
Finies les enseignes illuminées dans des rues désertes. L’éclairage raisonné, c’est la tendance. Valorisez votre commerce tout en préservant nos nuits.
La réglementation française est l’une des plus fortes au monde contre la pollution lumineuse mais sa mise en place n’est pas homogène sur le territoire. L’État et les collectivités locales renforcent les règles et davantage de contrôles sont prévus.
La Métropole Nice Côte d’Azur vous accompagne pour réduire votre impact carbone. Découvrez comment mieux éclairer votre commerce et respecter la réglementation.
Comment agir en tant que commerçant ?
- Supprimer les éclairages inutiles, décoratifs et les boules*
- Limiter l’éclairage de vos façades et l’intensité.
- Ne pas éclairer les haies ou la végétation.
- Diriger toujours le flux lumineux vers le bas et non pas vers le ciel.
- Installer des systèmes d’éclairage avec détecteurs de mouvements.
- Installer des éclairages plutôt chauds (≤ 2 200 k) pour limiter la lumière bleue.
- Éteindre tous les éclairages dès cessation de votre activité.
Quelle est la règlementation ?
- Les enseignes lumineuses* (non numériques) doivent être éteintes entre 23h et 7h lorsque l’activité a cessé.
Les enseignes numériques doivent faire l’objet d’une dérogation et doivent être éteintes entre 22h et 8h.
Si votre activité cesse ou commence entre 22h et 8h du matin, les enseignes sont éteintes au plus tard 1h après cessation de l’activité et peuvent être allumées 1h avant la reprise de cette activité. - Les publicités lumineuses et/ou numériques* doivent être éteintes de 23h à 7h et sont autorisées sous conditions selon le Règlement Local de la Publicité métropolitain* (RPLm*).
- Les vitrines doivent être éteintes à 1h** du matin au plus tard ou 1h après la cessation de l’activité et sont allumées à 7h du matin au plus tôt ou 1h avant le début de l’activité.
** Voir l’arrêté ministériel du 27 décembre 2018
Que risquez-vous ?
Toute infraction est passible d’une amende de 750 € par éclairage irrégulier (article R. 583-7 du code de l’environnement)
En tant que particuliers
Vous pouvez agir :
- en limitant l’éclairage de vos façades ;
- en évitant d’éclairer les haies ou la végétation ;
- en préférant des luminaires extérieurs qui ne soient pas dirigés vers le ciel ;
- en évitant les luminaires de types boules ou lanternes ; en privilégiant les luminaires
- avec un capot sur le dessus, et où l’ampoule n’est pas apparente, pour minimiser l’émission de lumière vers le haut ;
- en utilisant des dispositifs comme les minuteries ou les détecteurs de mouvements.
En tant que communes
Engagez-vous :
- en supprimant des sources de lumières artificielles ou en coupant l’éclairage public en milieu de nuit quand les besoins humains sont quasi nuls. L’extinction peut être totale ou partielle, c’est-à-dire être réalisée sur tout ou partie du territoire ou sur toute ou partie de l’année ;
- en n’éclairant pas les sites naturels pittoresques (gorges, grottes, falaises…) abritant une faune riche et fragile qui a besoin de la nuit noire.
Pour vous aider dans vos choix techniques, faites-vous accompagner par les services de la Métropole Nice Côte d’Azur.
Division Développement Durable,
Biodiversité et Natura 2000
email : natura2000metropole@nicecotedazur.org
Tel : 04 89 98 15 00
Que fait la métropole Nice Côte d’Azur ?
La Métropole utilise des LED dites « ambrées » ou orangées, moins impactantes que les LED blanches classiques qui perturbent le rythme des animaux et des insectes. Elles sont plus respectueuses de la biodiversité tout en permettant de diminuer les consommations en énergie, la facture énergétique et la pollution lumineuse pour une meilleure observation du ciel et des étoiles.
Ces LED ont d’abord été testées en 2016 à Saint-Etienne-de-Tinée car la commune est concernée par un site Natura 2000, puis à Saint Jeannet depuis septembre 2017 le long des corridors écologiques utilisés notamment par les chauves-souris.
Ces LED ambrées sont parfois appelées « bat LED » parce qu’elles préservent notamment les chauves-souris. Les chauves souris sont essentielles pour limiter les insectes, dont les moustiques. Les lumières artificielles constituent pour elles une véritable barrière physique qui perturbe leur cycle. Elles sortent plus tard de leur gîte, chassent moins, mangent moins et n’arrivent plus à bien nourrir leurs petits. L’éclairage en LED ambrées n’a pas cet effet là sur elles.
Des zones à enjeux sur le territoire de la Métropole
La pollution lumineuse impacte toutes les espèces dépendant du rythme circadien (rythme biologique sur 24 heures), dont toutes les espèces nocturnes. Face à cette problématique, la Métropole Nice Côte d’Azur (NCA) souhaitait connaître les secteurs prioritaires devant faire l’objet d’actions pour limiter l’impact de l’éclairage public sur la biodiversité nocturne. Elle a donc fait appel au Groupe Chiroptères de Provence (GCP) en 2016 pour la réalisation d’un diagnostic basé sur une analyse bibliographique et cartographique, permettant d’identifier les secteurs à enjeux pour les chauves-souris et apportant des préconisations d’actions dans un but d’amélioration de l’environnement nocturne. Cette étude a notamment montré que sur les 30 espèces de chauves-souris de son territoire, 11 sont avérées lucifuges (=craignent la lumière) ; 15 communes de la Métropole abritent ces chauves-souris.
Cette étude a servi de point de départ pour la mise en œuvre d’actions concrètes.
La démarche globale de la Métropole Nice Côte d’Azur en termes de pollution lumineuse
La Métropole Nice Côte d’Azur expérimente un ensemble de solutions pour lutter contre la pollution lumineuse, préserver et restaurer la biodiversité :
- limitation de la dispersion de la lumière par une bonne orientation du lampadaire, en limitant la hauteur de mât ;
- non éclairage de la végétation et des parois rocheuses ;
- extinction de l’éclairage public entre 23h à 6h du matin sur 43% du parc de la commune ;
- réduction d’éclairement en milieu de nuit par gradation de la lumière ;
- sensibilisation des habitants, des entreprises et des commerces pour les inciter à réduire l’éclairage extérieur et l’utilisation des enseignes lumineuse.
Cette action est inscrite dans le cadre de l’Agenda 21 de Nice Côte d’Azur (action 15.6 « Agir pour limiter la pollution lumineuse notamment pour préserver la biodiversité »), dans les plans de gestion des sites Natura 2000 gérés par la Métropole, dans le Plan Climat Energie Territorial et dans le Plan Éclairage Public.